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Supplément Pélerin N° 6878 25 septembre 2014

Saint Jean Baptiste enfant (1670-1680), Bartolomé Esteban MURILLO (1617-1682), Musée du Prado (Madrid, Espagne)

Saint jean baptiste murillo

L'iconographie de Jean-Baptiste au désert ne saurait se limiter à une simple vision bucolique de l'enfance, c'est un véritable drame qu'annonce ce tableau: la venue du Messie-Agneau. Dans la tradition biblique, l'agneau représente l'israélite, membre du troupeau ici, Jean Baptiste est un petit berger qui regarde un unique agneau. Drapé de rouge, les yeux levés vers un ciel ténébreux, en une vision angoissante, il reçoit sa mission de "précurseur", celui qui désigne Jésus comme l' "Agneau de Dieu". A sa houlette en forme de croix qu'il pose sur l'agneau est noué un phylactère portant l'inscription Ecce agnus Dei ("Voici l'agneau de Dieu"), les mots par lesquels il présentera à ses disciples Jésus venant se faire baptiser (Jn 1, 29). Le symbole de l'agneau sera developpé par la tradition johannique dans le livre de l'Apocalypse. C'est l'agneau immolé (Ap 5, 12, ect.) qu'annonce déjà ici celui qui sera le Baptiste: l'agneau mâle que l'on sacrifiait pour la fête de la Pâque juive devient le symbole majeur du Christ.  L'évangeliste Jean situe en effet la mort du Christ la veille de la Pâque: le Christ est donc l'ultime agneau pascal, dont le sang est versé sur la Croix. Celui dont Paul dira: "Notre Pâque, le Christ, a été immolé" (1 Co 5, 7). Ce qui relie Jean et l'agneau, c'est la vie donnée, c'est une parole annonçant un sauveur dont le sacrifice manifeste l'amour de Dieu. P. Jean-Marc NICOLAS 

 

 

 

 

 

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