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Conversion de Saint Augustin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La conversion de saint Augustin

 

Fra Angelico

(Vicchio di Mugello, 1387 - Rome, 1455)

tempera sur bois

21,8 x 34,2 cm
Don Thomas Henry, 1835

Ce petit panneau constitue le fragment d’une composition plus vaste, qui ornait la prédelle d’un retable à ce jour non identifié. Quatre autres fragments sont conservés dans les musées d’Anvers, de Philadelphie, de Chantilly et dans une collection particulière. L’iconographie de l’œuvre a fait l’objet de nombreuses exégèses. On s’accorde aujourd’hui à y voir une conversion de saint Augustin : assis sous un figuier dans le jardin de son ami milanais Alype, Augustin est frappé par une manifestation divine.

L’œuvre daterait du milieu des années 1430, période au cours de laquelle Fra Angelico délaisse progressivement la manière raffinée du gothique international pour intégrer les préoccupations picturales de la Renaissance florentine : rationalisation de l’espace, recherche de véracité anatomique.

 

L’orage intérieur

Ce petit panneau séduit d’emblée par le charme de l’art courtois : le jardin clos luxuriant, telle une tapisserie aux milles fleurs ; les couleurs vives et joyeuses ; la stylisation des éléments, loin de tout réalisme spatial. Les proportions ne reflètent pas la taille réelle des objets, mais leur importance dans le récit : les moutons (en bas à droite), les pommiers et la maison sont accessoires par rapport à Augustin et au figuier reconnaissable à ses feuilles.

Saint Augustin raconte l’épisode dans ses confessions (VIII, 12). Il séjournait à Milan, chez son ami Alypius, quand il fut secoué par un orage intérieur : il ses sentit écrasé par le poids de sa misère et par le remords de sa vie dissolue. Il s’éloigna alors d’Alypius pour s’asseoir sous un figuier et donne libre cours à ses pleurs. Dans un torrent de mlarmes , il supplie ici le Seigneur de lui pardonner ses péchés, de le libérer de ce poids : « Je pleurai dans toute l’amertume d’un cœur brisé. » Alypius qui observe la scène de loin, est converti par l’exemple de son ami. Dieu, par la suite, apportera à Augustin la consolation sous la forme d’une voix l’invitant à ouvrir la Bible : « Prends ! Lis. »

 

Seigneur, Tu ne retiens pas les péchés, Tu ne repousse pas un cœur brisé et broyé.

Tu ne nous demandes qu’une chose : Nous tourner vers toi pour renaître à une vie nouvelle, pour avoir part à Ta résurrection, ici symbolisée par le paon. Seigneur, donne-moi ce don des larmes, larmes de repentir, larmes d’abandon, larmes de purification.

 

Par Emmanuelle Hénin

Chercheuse en histoire de l’art

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