Lettre à une amie

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Lettre à une amie

  Résurection 1

 

  Tu te sou­viens Na­tha­lie, quand à la fin de la cé­lé­bra­tion dont

  j'étais en charge, j'ai dé­cla­ré au­tour de moi "mis­sion ac­com­plie"

  Tu as dû pen­ser que j'étais sou­la­gée.

  Je l'étais. Et toi, dans un sou­rire tu as par­lé de "ser­vice et de joie".

  Et voi­là que l'oc­ca­sion m'a été don­néé d'y re­pen­ser.

  Tu pour­ras te van­ter de m'avoir fait co­gi­ter

  et peut-être même de m'avoir fait prier.

 

Si tant est que  pren­dre la me­sure de ce que l'on fait en ani­mant une li­tur­gie soit une prière.

Per­mets-moi de te li­vrer avec les mots qui sont les miens, sous le re­gard de l'Es­prit-Saint

ce que m'ont ins­pi­ré les mots "mis­sion" et ser­vice"

C'est di­man­che. Une nou­velle fois le Sei­gneur a in­vi­té tous ses en­fants.

Un grande ta­ble est dres­sée pour le par­tage ; par­tage de la Pa­role,

Pa­role qui nous con­duit pas à pas au par­tage de l'Eu­cha­ris­tie.

Au­jourd'hui, je dois ani­mer la cé­lé­bra­tion. Je ne suis pas seule,

heu­reu­se­ment car la tâ­che est grande et pas fa­cile :

- ac­cueillir en frè­res tous ceux qui sont ve­nus,

- les in­vi­ter à prier le Sei­gneur, pré­sent au mi­leu de nous et à chan­ter ses mer­veilles,

- prê­ter sa voix au Sei­gneur afin que sa Parole de­vienne pa­role d'au­jourd'hui,

- dis­tri­buer le pain en osant pro­non­cer du fond du cœur ces qua­tre mots

  "le Corps du Christ." Quelle belle mis­sion, en vé­ri­té !


Mais tu ne crois pas qu'il faut une cer­taine dose d'in­con­science pour ac­cep­ter une telle charge.

Oh, je t'en­tends d'ici "non, pas de l'in­con­science mais de la con­fiance".

Et tu aurais rai­son : il faut une grande con­fiance parce que ce qui se passe là

est tel­le­ment plus grand que nous. Est-ce que je vais sa­voir faire ? 

Sa­voir dire ? Il y  de quoi avoir peur, il y a même de quoi trem­bler.

C'est alors que je me fais toute pe­tite et que je peux prier.

Prier pour de­man­der à l'Es­prit-Saint ce qui me man­que le plus,

l'hu­mi­li­té du ser­vi­teur dans les tâ­ches qui me sont con­fiées.

Et ce di­man­che-là quand j'ai an­non­cé "mis­sion ac­com­plie"

à coup sûr, je n'étais pas al­lée jus­qu'au ser­vice !

 

Je ne vou­drais pas te las­ser mais avant de te quit­ter,

juste quel­ques li­gnes à pro­pos de la joie que tu as évo­quée : la joie du ser­vice de la li­tur­gie !

Oui, il y a de la joie, mais quelle joie ?

En­tre la joie toute sim­ple ve­nue d'on ne sait où, qui vous em­plit le cœur

et vous fait avan­cer de quel­ques pas ; en­tre la joie rou­gis­sante qui vous gon­fle

d'or­gueil parce que vous croyez que vous avez été bon, le Sei­gneur vou­dra bien me par­don­ner

mais je ne sais pas tou­jours dis­tin­guer.

Il y a en­fin cette joie im­pré­vue, in­at­ten­due.

Celle de la per­sonne qui vient à vous et vous re­mer­cie, la joie dans les yeux.

Alors vous ou­vrez grand les vô­tres et vous ou­bliez déjà que vous n'aviez pas en­vie d'être là !

 A bien­tôt Na­tha­lie.

 

 Christiane Magendie

 

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