Un symbole une oeuvre

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Comprendre une oeuvre

 

 

 

La troisième tentation du Christ   Pélerin N° 6849 du 6 mars 2014

Fresque de la chapelle Saint Antoine de Bessans, Vallée de la Maurienne, vers 1500.

La

Ce monde est représenté de façon touchante. Bien sûr, les villes diversifiées illustrent bien les royaumes cités dans l'Evangile, mais l'artiste s'est surtout appliqué à peindre les travaux des champs de son époque et de sa région: les femmes portent le costume traditionnel des vallées de la Maurienne et les travaux des mois sont méticuleusement décrits: labours, moisson, travail du meunier et transports divers. C'est le monde vivant, aujourd'hui, qui est en jeu, dans ce duel entre le Christ et le démon. C'est un pouvoir de domination, volé par malice, et un pouvoir légitime qui s'opposent. Tandis que les griffes du démon s'agrippent au sol pour ne pas glisser; le Christ est paisiblement assis dans une posture stable et sereine. De sa main semble surgir la longue rivière qui traverse toute la fresque. Elle permet au moulin de tourner et au blé moissonné de devenir farine, pain et hostiee. C'est un règne de vie que Jésus vient instaurere, règne remis entre les mains du Père:"C'est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosteneras et c'est lui seul que tu adoreras" (Mt 4, 11) P. Venceslas DEBLOCK.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Au désert pour être tenté" Pélerin N° 6848 du 27 février 2014

Fresque de la chapelle Saint Antoine de Bessans, Vallée de la Maurienne, vers 1500.

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Représentant les deux premières tentations du Christ, l'artiste évoque le désert en peignant les travaux des champs en tout petit et donc très loin. La première tentation-changer les pierres en pains-est subtilement mise en scène. Alors que le démon désigne la terre, le Christ droit et retenu, étend sa main vers le ciel: le premier cherche à tirer l'homme vers le bas quand le second nous élève. Pour la deuxième tentattion-se jeter en bas du Temple- le démon pointe un édifice majestueux représenté comme un grande église ouverte avec lampe de sanctuaire, autel et arche d'alliance. Au-dessus, Jésus ouvre grand son manteau: c'est en lui seul que Dieu se dévoile, et non plus au Temple. P. Venceslas Deblock

La croix hostie Pélerin N° 6847 du 20 février 2014

Croix, Marc Couturier, 1989, ciment,verre, bois, pain azyme.190 x 190 cm Coll.Particulière, Nantes.

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Elle ne cherche as à impressionner ni à séduire: l'oeuvre est sobre jusque dans son titre - Croix -. Mais comme elle interpelle! Cinq cadres de ciment ensrrent chacun entre deux vitres, une plaque de pain azyme, le pain blanc dont on fait les hosties. Dans le seul carré central, un papier foncé est glissé sous le pain qui couvre toute la surface. Dans les quatres rectangles, des plaques de pain sont découpées en arrodi et esquissent ensemble une le forme d'une grande hostie blanche. Grâce respectivement à la croix, au cercle blanc aussi lumineux qu'une "gloire" et à l'hostie, l'oeuvre si dépouillée évoque la mort du Christ, sa résurrection et sa présence dans l'Eucharistie. La composition en éléments distincts mais unis traduit quelque chose de l'Eglise. Le movement de la vie environnate est intégré à la croix car il se reflète dans les surfaces de verre. Subtilement on a la une théologie de la communion/ L'artiste semble avoir capté dans l'air des formes, des densités et joue de leur contrastes: carré-rond, dense-léger, opaque-transparent, durable, fragile, plein-vide... Qui s'y arrête ubn moment, qui regarde vibrer la lumière d'un cadre à l'autre se trouve i,timement concerné par cette oeuvre "de fin silence" (1 Rois 19,12). Monique Scherrer "Ornement évoquant un corps nimbé de lumière".

 

 

 

 

 

L'humble splendeur Supplément Pélerin N° 6846 du 13 février 2014

Plein champ, Tapisseriede Dom Robert (1907-1997), Carton de 1970 tissage Atelier Gobelin Aubusson (Creuze).

Plein

L'artiste cartonnier dom Robert témoigne des splendeurs ordinaires de le nature. A sa façon ne fait-il pas echo à Jésus pour qui les lis des champs sont mieux habillés "que Salomon danstpite sa gloire" (Mt 6,29)? Célébrer pisselis, dindons, c'était pour le moine bénédictin une forme de contemplation. Comme pour Saint François qui louait le Seigneur,"pour soeur notre mère la terre [...]. Les fleurs colorées et l'herbe". Mieux l'artiste fait participer ces créatures elles-même à la louange, dans l'esprit du cantique biblique de Daniel (Dn 3). Elles se font hymne de laine et de coton, à travers la diversité de leur espèces, les volutes diaprées de leurs pétales, de leur pelage ou de leur plumage, l'éclat de leurs couleurs subtilement équilibrées. Dans le titre-jeu de mots de l'oeuvre, le "plein chant" des moines se confond avec le "plein champ" bourdonnant d'insectes dans l'immensité de la campagne. Le foisonnement de vie que restitue dom Robert respire l'harmonie, comme une paix de paradis terrestre. Et le petit agneau dans un coin de la tapisserie, modeste élément de la Création, en symbolise le salut. Il annonce avec Pâques le paradis d'un monde libéré du péché.Monique Scherrer.

 

 

 

 

Le geste du doute Supplément Pélerin N° 6845 du 6 février 2014

L'incrédulité de Saint Thomas, Pilier d'angle N-O du cloître de l'abbaye Santo-Domingo de Silos, XIe siècle

Le

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jérusalem, huit jours après Pâques. Les apôtres sont réunis. L'atche symbolise la cité céleste dont ils sont, selon le livre de l'Apocalypse, les fondations. En haut des remparts, cors et tambourins chantent le Christ ressucité. Car il est vivant! Il fait face à Thomas qui met la main dans la plaie de son côté. Leurs deux regards aux pupilles sculptées sont expressifs. Le disciple veut "voir de ses yeux" pour croire. Un seul autre regard est animé: celui de Jean juste au-dessus, qui "vit et crut" le premier devant le tombeau vide, Jean l'évangéliste à l'acuité d'aigle. Mais même si lez yeux des autres sont neutres, chaque apôtre est individualisé, son nom écrit sur son nimbe. Paul est présent, pour des raisons théologiques et non historiques ! Lui qui a "cru sans avoir vu" est à l'honneur, entre Jésus et Pierre- qui porte une clé. A la façon romane les alignements de personnnages tiennent lieu de perspective, comme dans certains ivoires bizantins. La haute sikhouette du Christ, signe de sa prééminence, détermine le centre de gravité de la scène et l'axe d'orientation des coprs. Son geste semble montere le chemi, de la foi; si l'on tirnt compte de l'implantation de la sculpture dans l'abbaye, il est pointé vers l'église. Monique Scherrer.

 

 

 

 

 Quatre grandes fêtes Supplément Pélerin N° 6844 du 30 janvier 2014

Les fêtes liturgiques de François Décorchement, 1958, vitrail de l'église Saint-Hélier de Beuzevilles (Eure)

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 Cette tonalité rose pourpre est rare et s'exalte à l'heure où le soleil se couche car le vitrail est orienté à l'ouest. Il rend hommage, en allégories, à quatre fêtes de la liturgie. En partant de la gauche on reconnait l'Ascencion de Jésus Christ. Ses pieds figurés d'en bas donnent la sensation de son élévation. Il porte les traces de la cruxcifixion mais, réssucité, rayonne tel un soleil. Puis vient le Pentecôte: la colombe de l'Esprit-Saint descend sur les apôtres, simplement suggérés par les mangues de feu qui vont( se poser sur eux. Ensuite l'ostensoir avec l(hostie signifient la fête du Saibt Sacrement. Enfin à droite c'est la fête du Christ Roi de l'univers, avec une couronne, et les lettres x (khi) et bp (rhô)- les premiers du mot "Christ" en grec- entrelacés en un "chrisme". A l'inverse de ce qu'on attendait ce sont les symboles, qui sont traités en jaune d'or, et leurs auréoles en plus sombre: le mauve et le turquoise, très modernes. La techniquevitrière est aussi révolutionnaire: pas de décpoupes de verre coloré mais du cristal pilé puis teinté dans la masse, fondu, moulé, pièce par pioèceet assemblées au ciment. Du coup, la richesse des nuances est exceptionnelle. Ici, c'est la couleur qui dit la joir de la fête. Monique Scherrer.

 

 

 

 

Les mains de l'Attente

Supplément Pélerin N° 6843 du 23 janvier 2014 

L'attente de Marie-France Bernot, 2010, Tempéra sur bois et dessin à la pierre noire sur papier, 84 x 122 cm.

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Rien ne dépends plus d'elles. Pourtant ces mains - de femme? d'Homme? -Calmement abandonnées, peut-être un peu lasses, ne sont pas dans le renoncement à l'avenir, juste dans l'acceptation de leur impuissance présente. Leurs formes jeunes et pleines disent leur potentiel d'énergie. Oui, les mains, miroir de l'âme, parlent. Elles ne mentent pas. Les surfaces abstraites du tableau, vouées à des effts de matière et de couleut, symboliseraient-elles, ici, les espaces inconnus offetrs à celui qui attend ? A condition qu'il reste d'abord cantonné dans le présent comme le suggère la traverse horizontale qui barre l'image. Les mains ne l'grippent ni ne la secouent. Avec sagesse, elles prennent appui dessus comme pour faire un peu relâche. En attendant. On peut voir ici promesse de naissance, une attente d'Avent. Ou une attente de Samedi saint, un abandon au deuil, comme pour Marie-Madeleine et l'autre Marie avant Pâques. Une bande de lumière venant d'en haut, traverse le tableau. D'"en haut" ? La technique pisturale de l'artiste est celle des icônes, où l'or signifie la présence divine. La bande dorée forme avec la barrière une croix que les mains semblent étreindre comme une sauvegarde. Monique Cherrrer.

 

 

 

 

 

 

Supplément Pélerin N° 6842 du 16 janvier 2014 

L'arbre de Jessé Enluminure sur parchemin, livre d'heures Français, XV siècle Université de Liège (Belgique) 140 x 95 mm.

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Jessé le père du roi David, dort. Un arbre sort de ses entrailles, avec pour branches des personnages- prophètes et rois - et pour rameau central, l'enfant Jésus dans les bras de Marie. C'est la transcription d'une prophétie d'Issaïe annonçant le Messie: "Un rameau sortira de la souche de Jessè, père de David, un rejeton jaillira de ses racines" (Is 11,1). C'est auui un arbre généalogique. On distingue David avec sa harpe, et des rois de sa lignée mentionnés dans l'Ancien Testamant ainsi que dans la généalogie du Cjhrist au début de l'évangile de Matthieu.En montrant le Christ comme descendant de David ,"larbre de Jessè sera dresé comme un étendard pour les peuples, (...) et la gloire sera sa demeure" (Is 11,10). L'arbre étant ici une vigne chargée de raisins, il suggère le lien entre la gloire du ressuscité et le sacrifice célébré dans l'eucharistie. Les personnages se tournent avec respect vers l'enfant et sa mère, inscrits tous deux dans un halo rayonnant qui semble une fleur éclose sur l'arbre. Le XVe siècle, dans sa piété mariale, met en valeur le rôle de la Vierge dans l'événement qu'exalte l'arbre de Jessé: l'incarnation du fils de Dieu. Monique Cherrrer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Supplément Pélerin N° 6841 du 9 janvier 2014 

L'épiphanie, dans la blacheur du silence... Bruegel l'Ancien (1525-1569), L'Adoration des mages sous la neige, 1567.                                                                                                                   Wintherthur (suisse), collection Oscar Reinhart.

Brueghel adorationNous sommes dans un village des Flandreset et il neige, un univers bien connu du peintre. A l'écart, sur la gauche du tableau dans une pauvre masure au toit prêt à s'écrouler, Marie présente son enfant. Joseph dans l'ombre, regarde. Les deux mages se prosternent devant elle, le troisième est avec le petit groupe qui s'avance. Rien ne brille. Même pas les offrandes divines, masquées par la neige ou les lourds manteaux bruns, il nous faut une loupe pour discerner la scène, humble et modeste, microcosme d'un événement qui va boulverser le cours de l'histoire de l'humanité. Jésus se donne à voir à ceux qui le cherchent, cette présence ne se perçoit pas à l'oeil nu. Pour les villageois affairés, c'est un jour banal, nous devons marcher, passe par ce monde enneigé où le quotidien devient le lieu de la rencontre: c'est là, au milieu des gens"comme les autres", que Bruegel nous invite a accueillir l'ordinaire de la vie pour être conduit au seuil du mystère. Il nous faut aiguiser notre regard ppour voir celui qui, humblement, se donne à vivre; écouter le silence de cette Epiphanie; laisser fondre la neige du coeur pour voir fleurir le printemps de la vie... A nous de découvrir, dans la banalité de nos propres quotidiens, les signes fragiles de sa présence.

 P. Jean-Marc NICOLAS 

 

 

 

 

 

Supplément Pélerin N° 6840 du 2 janvier 2014 

La Mère de Dieu La Vierge du Signe (PLAYTERA), Icône provenant du Monastère de la Transfiguration à IAROSLAV, vers  1224. Galerie Tetriakov de Moscou

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La tradition orthodoxe voit en cette icône l'image de la prophétie d'Isaie (7,14): "Le Seigneur lui-même vous donnera un signe:voici, la jeune fille est enceinte, elle va enfanter un fils et elle lui donnera le nom d'Emmanuel" C'est l'image prophétique de l'incarnation. Les mains ouvertes dans la position de l'orante, Marie s'offre à notre contemplation."Celui que les immensités célestes ne peuvent contenir, tu le reçus dans ton sein, Ô toi plus vaste que les cieux". Le fond et les reflets d'or de son vêtement évoquent la lumière divine. Les anges, dans les médaillons, invitent à la louange. Elle est le signe de Dieu, le livre vivant ouvert qu'elle présente à notre regard intérieur pour que nous puissions lire la Bonne nouvelle du salut. Tabernacle, porte sainte; Marie porteuse de Dieu devient le chandelier de l'unique lumière. Il est vraiment Dieu avec nous. L'Emmanuel nous ouvre les bras, en bénissant des deux mains, préfigurant la croix, qui rassemble par sa mort, l'univers tout entier. A l'image de Marie, nous accueillons et recevons Dieu, car il s'incarne en nous aussi par le Saint-Esprit. Elle donne à voir pour, qu'au coeur de la prière, du regard nous allions à Dieu par la foi. P. Jean-Marc NICOLAS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche 15 décembre 2013 "Voici que j'envoie mon messager en avant de toi, pour qu'il prépare le chemin devant toi" (Mathieu M3. 11.2-11)  Supplément Pélerin N° 6837 du 12 décembre 2013 

Tête de Vierge, par Roger Van Der Wden '1460-1464)pointe d'argent sur papier Musée du Louvre, Cabinet des dessins, Paris

 Rogier van der weyden tete de la vierge paris musee du louvre

Bien plus que la simple délicatesse des traits, il s'agit de découvrir, en contemplant ce visage le reflet de l'Emmanuel. Dans ce regard de Mère naît une vie de chair. Une pointe d'argent ne dessine pas qu'un simple portrait, elle inscrit le souffle d'une vision. C'est le visage de l'enfant que nous ne voyons pas, mais qui modèle l'expression de la Vierge.En cette douce jeune fille se lit la joie de la maternité, berceau de notre propre naissance; sur ses lèvres est placé le baiser du oui de l'amour. Elle recueille en elle les mots de nos silences. Ce visage est le miroir de tous nos regards, la quête de nos chemins d'enfantement. En elle nous voyons celui qui illumine la terre de nos vies, lumière dont elle est  le vrai reflet. Voir c'est chercher à connaître dans une rencontre pour apprendre à naître au coeur de la foi. Marie en son être, est attente et passage de vie, sublime trait de  l'amour de cellle qui a cru. C'est en ce visage que tout prend corps dans le profondeur de nos silences. Comme Marie, nous attendons Dieu, pour le donner. Accueil d'espérance et révélation d'une communion. Nous entrons dans une fécondité divine avec elle. Nous naissons d'un regard en aimant; puissions-nous, le voir en l'écoutant... P. Jean-Marc NOCOLAS.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche 8 décembre 2013 "Lui vous baptisera dans l'Esprit-Saint et dans le feu" (Mathieu M3. 1-12)  Supplément Pélerin N° 6836 du 5 décembre 2013 

L'émerveillement d'une rencontre La visitation ,1503, Mariotto Albertinelli (174-1515) Galerie des Offices Florence

Albertinelli visitation

 

Marie (à gauche) est venue visiter sa cousine qu'elle couvre d'un doux sourirre, elle qui porte en son sein le Sauveur... Enlaçant d'un bras la jeune femme et reconnaissant le Messie, Elisabeth s'incline plus bas, telle une branche de figuier stérile qu'elle était en sa veillesse, pour donner naissance au précurseur. Le fléchissement du corps manifeste l'humilité du coeur. Sous l'arche, unis par ce doule mouvement, et par la puissance des drapés et la densité des couleurs, leurs corps tissent une tente triangulaire de la présence, où se rencontrent, invisibles, Jean et Jésus. Mais le plus admirable, ce sont les visages transfigurés par la joie intérieure en ce face à face-à-face empli de la douceur de Dieu. L'unique tendresse se manifeste, elles respirent en un même souffle le don de l'amour. Leurs mains se touchent, protégent et recueillent la présence de l'autre, pour laisser jaillir le cantique de l'émerveillement... La Vierge et Elisabeth scellent la terre et le ciel, leurs corps sont le seuil d'un oratoire nouveau qui élève vers l'unique lumière du salut. P. Jean-Marc NICOLAS.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche 1er décembre 2013 "Tenez-vous donc prête, vous aussi: c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra." (Mathieu Mt 24)

Le "oui" de Marie au coeur de l'Eglise. L'annonciation vers  1434-36, par Jan VanEyck (vers 1390-1441) Washington National Galler of art.                                                              Supplément Pélerin N° 6836 du 5 décembre 2013

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Au sein d'une cathédrale, dans l'architecture d'un nouveau temple tout en élévation une jeunr fille prie.Ses mains ouvertes à un appel deviennent offrande. Son visage s'inscrit dans le vitrail central du sanctuaire (trois niveaux et trois niveaux qui symbolisent la Trinité): c'est vers elle qu'est orientée la saalutation angélique  qui s'inscrit en lettre d'or sur le tableau. Marie  nous regarde et nous inite à partager sa réponse. Celle-ci est écrite à l'envers; elle est tournée vers le ciel, mais aussi en direction du vitrail, à peine visible qui se situe au sommet du choeur, au troisième niveau. Il représente le Christ debout en majesté , avec le livre ouvert. La parole que méditait Marie en son coeur s'accomplit en son Fils qui  est sommet de toute vie. En, sont coeur nouveau saint des saints, le divin va devenir humain. "la parole se fait chair" corresspond au livre u Christ celui que médirte Marie placé sous son ventre, car, en elle s'a&ccomplit la promesse de Dieu à qui elle donne naissance " je suis la servante du Seigneur" . Marie, Mère de l'église dit ce que nous avons à devenir: les serviteurs du Christ... P. Jean-Marc Nicolas                                                                           

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche 24 novembre 2013 "Jésus souviens-toi de moi qund tu viendras inaaugurer ton règne" (Lc.23)

Jésus chez Marthe et Marie Clause Simpol (1666-1716), 1704 huile sur toile paris , Musée Carnavalet.

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La maison de Marthe et Marie est puissament ordonnée par l'artiste: à droite, en pleine lumière, on monte les marches , on ccourt et on étend des nappes, on ccourt et on démontre. A gauche, à l'écart, le calme règne Jean et Marie, mains croisées, visages recueilli, écoutent, l'un debout, l'autre assis aux pieds du Maître. Au-dessus d'eux, une large tenture se soulève révélant l'espace. En Jésus c'est la présence de Dieu qui se révèle à ceux qui l'écoutent, ce Dieu dont la présence est honorée per lesj juifs, au temple, dans le saints des saints caché par un voile. Si l'espace est nettement ordonné, il en est de même pout tous les personnage: auprès de la table, au loin, une femme se tourne vers Jésus, comme attirée par lui. Et parmis les , il y a du mouvement: Pierre, appuyé sur le dossier de la chaise prendrait bien la défense de Marthe. Ainsi sommes nous partagés entre l'être et le faire entre l'écoute et le service. Jamais tout blancs, jamais tout noirs. La seule question est de reconnaître en Jésus,  la vraie colonne  porteuse de toute notre vie, et de nous tourner vers lui tels que nous sommes. Vanceslas Deblock 

 

 

 


 

Dimanche 17 novembre 2013 "Il y aura de grands tremblements de terre et çà et là des épidémies de pesteet de famines" (Lc.21)

Femme cousant à la lumière de la lampe, de Jean-François Millet (1870-1872), Huile sur toile, 100 x 82 cm New York collection Frick.                                                       Supplément Pélerin N° 6833 du 14 novembre 2013

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Arrêtons-nous un instant pour contempler cette scène peu banale: une jeune femme à sa couture, veillant son enfant endormi à la lueur d'une simple lampe à huile.Peintre de l'ordinaire, Millet parvient à nous rendre attentifs à une poésie très simple, accessible à qui veut regarder. Cette lampe irise toute l'oeuvre de sa lumière, de façon juste et parlante. Le grain épais, de la toile qu'elle coud prend des reflets dorés et sa rudesse fait ressortit la beauté pure de la jeune coturière et la précision délicate de son geste. La lueur précise ses contours et son geste. C'est bien pour trouver une clarté suffisante qu'elle s'est approchée. Auprès d'elle, le visage de l'enfant que l'on devine couché bordé, et embrassé avec amour semble flou. La lumière ne le frappe aps, elle se fait juste rassurante, comme la maternelle présence. Cest une invitation au silence, à la contemplation des lueurs, de notre ordinaire. L'enfant s'est endormi paisiblement.             Vanceslas Deblock 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche 10 novembre 2013 "Ils sont semblables aux anges, ils sont fils de Dieu, en étant héritiers de la résurrection" (Lc.20)

Visage du Christ Autoportrait à la fourrure, Albrecht DÜRER (14741-1528) 1500, Alte Pinakotek de Munich.  Supplément Pélerin N° 6832 du 7 novembre 2013

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L'artiste nous fait face en un magistral et provocant autoportrait. Dürer ne nous laisse aucune possibilité de douter de son identité: l'œuvre est datée, signée, et porte la mention qu'il s'agit d'un autoportrait, peint au tournant du siècle, en 1500 alors qu'il avait 28 ans. La date comme l'œuvre sont solennels. Quant à sa posture, elle n'a rien d'équivoque: Dürer adopte la pose du Christ bénissant. Ses cheveux longs, son attitude frontale, son regard clairement posé sur qui le regarde, tout se réfère à la représentation de la Sainte Face. Sauf le geste de la main. Car sa main ne se tourne pas vers nous pour bénir, mais vers lui-même, en un questionnement. Dürer se prendrait-il pour le Sauveur du monde? Ou soutient-il notre regard pour affirmer qu'il se sait et se veut disciple du Christ, et même alter Christus, autre Christ pour ses frères? En posant ainsi, Dürer se peint dans sa condition de baptisé. Une condition qu'il ne renie pas, mais qu'il assume avec une humble fierté. Etre baptisé, c'est être visage du Christ. Dürer l'affirme à travers les siècles. Vanceslas Deblock

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche 3 novembre 2013 "Heureux les pauvres de coeur: le Royaume des cieux est à eux !" Mathieu ( M 5.)

La Vierge protégeant l'ordre des Cisterciens C 1507 Douai Musée de la Chartreuse par Jean Bellegambe(C1470-1537) huile sur bois, 91 x 74 cm.                                                  Supplément Pélerin N° 6831 du 31 octobre 2013

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Parée commee une reine, depuis son trône, la Vierge Marie déploie les pans de son manteau, vaste et bleu comme le ciel, pour rassembler et abriter moines et moniales de l'ordre de Cîteaux. Le manteau protecteur est si ample que des anges l'aident à le déployer. Commandé par l'abbaye de Flineslez-Raches au début du XVIe siècle, ce panneau témoigne de la confiance des religieuses en la protection de la Vierge Marie. Ce type de représentation, appelé Vierge de miséricorde était très en vogue au Moyen Âge. La symbolique du manteau de Marie est toujours vivante dans bien des dévotions mariales populaires. S'il est un moyen pour protéger, il faut lui reconnaître la qualité de rassembler: n'est elle pas aussi celle qui invite l'Eglise à vivre et grandir en communion, prémices sur terre de la communion des Saints ? Vanceslas Deblock

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche 27 octobre 2013 "Qui s'élève sera abaissé;qui s'abaisse sera élevé" Luc ( Lc 18)

Les épous Arnolfini  de Jean Van Eyck (C.1390-1441), 1434 Huile sur bois, 82 x 60 cm,

Londres, National Gallery

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Un jeune couple pose solennellement pour la postérité. Tout atteste de sa réussite et de ses espérances: le luxe de la chambre, le chien mailicieux qui symbolise la fidélité conjugale, sa gestuelle posée et délicate. Le peintre dony on devine la silhouette dans le miroir au fond de la pièce, a calligraphié soigneusement sa signature, comme on le ferait sur un contrat de mariage.

Tout semble net et ordonné. Et pourtant... que font ces socques de bois ici? Celles de l'homme au premier plan, celles de la femme, rougr, près du lit. Laisse-t-on trainer et b peindre des objets si ordinaires quant on pose pour un prestigieux peintre? Certes non. Il faut, pour comprendre, se rappeler que c'est devant Dieu que ces deux-là s'aiment. Le miroir où ils se regardent chaque jour est entouré de petits médaillons représentant la Passion et la Résurection du Christ. Le Salut offert est au coeur de ce portrait. "Ôtetes tes sandales, car le lieu où tu te tiens est une terre Sainte", dit le Seigneur à Moïse depuis le buisson Ardent (Ex 3, 5). Et si l'amour et la vie de ce couple était la terre Sainte où Dieu les invitait ? Vanceslas Deblock

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche 20 octobre 2013 "Sans tarder, Dieu fait justice" Luc ( Lc 18)

Le Christ et la Samaritaine. Odilon Redon, vers 1895, Huile sur toile 65x50 cm, STAEDEL MUSEUM DE FRANCEFORT

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Voici une représentation rare de la Samaritaine sans le puits. Tout est centré sur le face à face, nous pourions dire "l'âme à âme" de la femme et du Christ. Jésus est assis nous dit l'Evangile. Son abaissement est aussi le signe qu'il est ici le vrai serviteur. L'arrière plan onirique ressemble à ce qu'on "voit" quand on ferme les paupières:il créé une ambiance d'intériorité en accord avec les yeux baissés des deux personnages. Voici "l'eau vive" dont parle Jésus. Cet éclat de blancheur sur sa poitrine, ce halo de fraîcheur joyeuse évoque la "source jaillissante pour la vie éternelle" présente au coeur de celui qui croit. Elle illumine le visage de la femme sombre. On y voit aussi un "bouquet blanc", sous-titre du tableau... Quant au fond si coloré, il reste mystérieux. La forme au centre peut faire penser à un petit ballot de sombres secrets en train de se vider, car "celui qui agit selon la vérité vient à la lumière", disait Jésus à Nicodème, peu avant la rencontre avec la Samaritaine. Il lui disait aussi qu'il faut "naître de l'eau et de l'esprit";on peut voir l'évocation d'une naissance, la sortie vers le jour. Ou simplement la cruche renversée et abandonnée de la Samaritaine, le symbole de son ancienne vie désormais dépassée. Monique SCHERRER.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche 13 octobre 2013 "Les neufs autres, où sont-ils ?" Luc ( Lc 17)

Le manteau protecteur La vierge des navigateurs Alejo Fernandez (1531-1536) Huile sur bois,

225 x 135 cm, Real Alcazar de Séville.supplément Pélerin N° 6828 du 10 octobre 2013

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Ce rétable est un hommage de l'Espagne de Charles Quint à la découverte des Amériques. Un thème nouveau dans l'art! Sous la protection de la Vierge, les premiers conquistadores sont mis à l'honneur, quelques années après leur mort. Christophe Colomb figure à gauche avec ses capitaines et le roi Ferdinand le catholique, à droite; à l'arrière, on distingue plusieurs Amérindiens. Sur la mer, une caravelle parade au milieu d'autres bateaux. L'oeuvre reflète l'idéal hégémonqiue de l'époque en même temps qu'une réelle pitiée. Elle fut peinte pour la chapelle de la "Casa de Contractacion", le palais des affaires coloniales à Séville. Les marins venaient prier là entre deux expéditions. L'ample manteau de la Mère de Dieu, comme de grandes ailes d'angezs symbolise sa bienveillance. La disproportion des tailles, fait apparaitre les protégés comme des enfants serrés contre leur mère:ce type d'image, les "vierges de Miséricorde" insîtées de Byzance, se répandit au XIVe siècle. Des congrégations firent représenter soue le manteau protecteur, puis des diginitaires de tous ordres...Ici, Marie fait le lien entre la terre (ou la mer!) et le ciel qu'elle désigne chacun d'une main, en un gracieux geste d'intercession...riche de sens bien au-delà du XVIe siècle espagnol. Monique SCHERRER

Dimanche 6 octobre2013 La vie transfusée

"Nous sommes des serviteurs quelconques:nous n'avons fait que notre devoir" Luc ( Lc 17)

Etudier le corps du Christ, J.M. Alberola, 1989-1990, Fusain, huile et pastel

sur papier beige, 193,5 x 123,4 cm. Centre Georges Pompidou

supplément Pélerin N° 6827 du 03 octobre 2013

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On ne voit sur ce dessin ni croix, ni clous ou plaies, même pas un visage. Pourtant qui ne reconnaîtrait ici Christ? Ce corps abandonné, bras ouverts, tête inclinée sur le côté, incarne toutes les souffrances du monde. En ce XXe siècle dont les barbaries ont disloqué la représentation du corps humain autant que sa chair, l'image bimillénaire de la crucifixion s'est imposée à l'artiste dans sa quête pour figurer l'homme, mais dans une interprétation très personnelle, et sans qu'il cherche à délivrer un message. Porté par les strates des ciècles, il a créé sa propre vision du corps humain, à la fois intact et douloureux. La silhouette est desssinée par l'huile qui a traversé le papier, car l'artiste a d'abord travaillé à l'envers. Plus qu'un tracé c'est une trace:on pense au voile de Véronique. La tache orange semble être une flaque de sang mal essuyée. Le tuyau qui traverse le corps et passe près du coeur, sorte de substitut de la lance du centurion, fait songer à des transfusions ou autres branchements médicaux, qui blessent et font circuler le vie en même temps. On voit aussi un récipient, pichet de vin  ou vase eucharistique;des graines qui se dispersent, comme la vie donnée qui essaime. Et ce rectangle blanc? Un linceul ? Une porte ouverte? La clarté de Pâques ? Monique Scherrer

 

Dimanche 29 septembre 2013 "Abraham mon père, prends pitié de moi..." (Lc 16)

La croix de l'Enfant-Jésus

Jésus à Nazareth vitrail de l'église Notre-Dame-des-Airs à Saint cloud (Hauts de Seines)

réalisé par les frères L. et A. ALLEAUME, vers 1927. supplément Pélerin N° 6826 du 26 septembre 2013

                                                                                                                                                                                                                                                                                                             saint-cloud001.jpg

Avec son dessin clair, ses couleurs vives, sa composition spacieuse, cette Sainte Famille est novatrice. Les symboles traditionnels y ont leur place; le lys, la tunique blanche de l'enfant...Mais aussi, pour la souffrance, le cactus; le traitement des maisons du village, des outils de charpentier ou de la robe palestinienne de Marie pointe un souci moderne de réalisme. A l'établi, le jeune Jésus bricole... une croix ! A cette petite croix répond dans le ciel une grande croix, sombre, même si les anges qui la brandissent sont baignés de la lumière éternelle. Marie perçoit ce signe de la Passion à venir sans dérober son regard. Ses bras ouverts évoquent le fiat de l'Annonciation. L'image de Jésus, enfant, avec une croix dans les mains n'est pas nouvelle. Mais la construction de cette croixpar l'enfant lui même s'accorde à la sensibilité de l'époque; sans compter l'essor de la dévotion à saint Joseph, qui incitait aux représentetions de Jésus "apprenti" dans l'atelier de Nazareth. La ceinture rouge de l'enfant, tombant jusqu'au tabouret rouge, suggère le sang qui sera versé au calvaire. La tension entre ces préfigurations symboliques du sacrifice et l'ordinaire paisible d'une journée d'enfance donne toute sa force à l'oeuvre.  Monique Scherrer

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche 22 septembre 2013 "Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'argent" (Lc 16)es

Les trois vertus  

Les trois vertus théologales, Chaire de la Cathédrale d'Amiens, de P-J. CHRISTOPHLE,

archictecte et de J-B DUPUIS Sculpteur, 1773 en bois stuqué. supplément Pélerin N° 6825 du 19 septembre 2013

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L'imposante chaire baroque s'intègre sans heurt à la nef gothique de la cathédrale d'Amiens, comme un hommage des siècles. Sa base est constituée de trois figures féminines, allégories de la foi, de l'espérance et de la charité. Au centre, la foi, paisible et recueillie, tient un calice qui évoque l'Eucharistie. La figure de droite appuie sa mains sur une ancre qui la désigne comme l'espérance: cet objet symbolise la stabilité que procure l'attachement au Christ; elle lève un regard confiant vers l'avenir. A gauche, la charité, qui donne en allaitant un enfant, selon la représentation traditionnelle, elle semble tourmentée par la conscience des tâches qui l'attendent. La foi, l'espérance et la charité sont couramment représentées sur des chaires, telles des "cariatides de la vérité". Car ce sont les trois vertus théologales, c'est à dire données par Dieu dans le baptême. Elles sont la marque de l'Esprit-Saint, symbolisé au ciel de la chaire par une colombe dans une gloire d'or ceinte de nuées. L'artiste invite ici à voir le support de la vie chrétienne. Les trois vertus, sont le fruit de la Parole de Dieu, celle que le prédicateur proclame du haut de la chaire, et en même temps, elles conditionnent, chez les baptisés, la disponibilité à cette parole. Monique Scherrer

 

Le feu du Ciel 

La Pentecôte, Psautier d'INGEBURGE, vers 1200 peinture réalisée sur parchemin

30 x20 cm musée Condé Chantilly supplément Pélerin N° 6824 du 12 septembre 2013

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C'est le roi Philippe-Auguste qui commanda pour son épouse Ingeburge un psautier somptueux orbné de cinquante et une grande enluminure dont cette Pentecôte. Le Saint-Esprit sous la forme d'une colombe, descend sur la Vierge et sur les apôtres. Le ciel et la terre occupent chacun exactement une moitié de l'image, mais l'or du cial déborde sur la terre et l'illumine de l'éclat divin. Le feu sylbole du don de l'Esprit, se distribue sur chaque parsonnage à partir de l'unique source. Il a la couleur vermillon de la spère céleste où se tient le Christ glorieux, au-delà des nuées. L'irruption de ce feu est rendue en une symétrie de courbes élégantes. Elles dessinent un réseau matérialisant l'Eglise naissante: chacun de ses membres est partie prenante en lien avec les autres. Une place centrale est pourtant donnée à la Vierge. Sa présence parmi les apôtres à la Pentecôte n'est pas attestée par l'Ecriture, mais suggérée par sa participation à leur prière après la résurrection de Jésus. Marie est le modèle et la figure de l'Eglise. En l'honorant ainsi, l'artiste souligne la nouveauté radicale de l'évènement Pentecôte: à travers Marie, il nous représente l'Eglise issue en droitz ligne de Jésus-Christ par l'Esprit-Saint. Monique Scherrer.

 

 

 


 

Pierre LABAT, King's cross, (Chapelle Saint Laurent, SILFIAC 2013)

supplément Pélerin N° 6823 du 05 septembre 2013

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Une porte mais entre quoi et quoi? Elle ne clôt...rien, tandis que le spectateur ne peut la traverser. L'objet "porte" est bien là avec son volume et ses proportions, sa bonne vieille poignée...Mais l'artiste, en le détachant de sa fonction et en l'arrimant en trois dimension dans la vielle chapelle, l'a ouvert à d'autres sens possibles. Libre au visiteur de ne percevoir là qu'une porte close. Ou encore de repérer dans le titre de l'oeuvre, King's Cross, un clin d'oeil à l'univers d'Harry Potter: c'est la gare de Londres, où pout le héros se rejoignent les mondes ordinaire et surnaturel. Toute porte suggére un passage. Dans celle-ci, placée entre ciel et terre comme au bout d'une échelle de Jacob, le visiteur peut aussi y voir une évocation de la porte du ciel. Elle n'emprisonne pas le regard, ne limite pas l'espace. Elle invite à un invisible ailleurs. "Frappez, et on vous ouvrira", dit l'Evangile. La blanche suspension permet à celui qui pénètre dans le chapelle une découverte progressive de la lumière puisqu'elle s'inscrit entre lui et la verrière du choeur. En avançant, il peut se rappeller que Jésus à dit:"Moi, je suis la porte. Si quelqu'un entre en passant par moi, il sera sauvé"(Jn 10,9); ce salut offert passe par la croix. Vous avez dir  King's CrossMonique Scherrer.

 

 

 

 

 

 

 

 

La montagne sacrée supplément Pélerin N° 6822 du 29 août 2013

Vue du monastère de Simonos Petra, Mont Athos, Grèce.

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Le mont Athos est également appelé le "jardin de la Vierge", car la tradition veut que Marie au cours d'un voyage, ait tellement admiré la beauté de ce paysage que son fils lui en aurait fait cadeau. Ici, le ciel s'unit à la terre de nos coeurs pour y faire naître l'amour de la mère de Dieu en une mer féconde. Ce paysage naturel qui devient un espace intérieur, est habité par des moines orthodoxes, "les veillards aux beaux visages" qui vivent et prient en ce lieu où tout se dit au coeur de la divine liturgie byzantine. Alors se dévoile la communion du ciel et de la terre pour révéler un univers transfiguré par le Christ. Cette sainte montagne ne se définit pas par son ascension, car il ne suffit pas simplement de marcher: il faut accepter de "s'élever"  pour y découvrir un paysage vers un infini. Il est des paysages qui au cours de nos existences, nous ont procuré des instants de bonheur, pendant lesquels, nous avons pu découvrir les mystères d'une rencontre qui ne peut se vivre que dans le dépassement de soi. Ces paysages deviennet des lieux de notre propre révélation. Puissions-nous apprendre à voir, à regarder pour mieux contempler...P. Jean-Marc NICOLAS

 

Tout n'est qu'illusion... supplément Pélerin N° 6821 du 22 août 2013

La condition Humaine, 1933 huile sur toile 100 x 81 cm Washington National Gallery of art René Magritte (Lessines 1898- Bruxelles 1967)

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Magritte met en scène un paysage, le tableau dans un tableau. Le tableau sur le chevalet semble reproduire la portion de paysage que sa surface dévoile en semblant le cacher à la vue du du spectateur. Ce paysage peint est tellement réaliste qu'il en devient...surréaliste! Il renvoie à la nature qui est au-delà de la fenêtre, et la "reproduction" se situe à l'intérieurde la pièce. Ce jeu illusioniste du rapporte entre extérieur et intérieur désigne une autre profondeur. Ici tout se fond et se confond. Le pinceau prélève un morceau du monde réel et l'intègre à l' "intérieur" de la toile, cette fenêtre ouverte sur le monde. Le titre, la condition humaine, nous invite à découvrir une autre représentation de la réalité, à aller au-delà de notre regard sur le paysage: la représentation n'est pas moins réelle que la chose représentée, alors quela réalité n'est parfois qu'un simple jeu d'illusion. C'est donc une méditation sur le visible, car nous ne voyons jamais les choses comme elles sont, et le peintre ne peint pas la réalité, mais partage un aspect de sa propre vision. Magritte l'a écrit: "Nous voyons le monde à l'extérieur de nous-mêmes et cependant nous n'en avons qu'une représentation en nous"  P. Jean-Marc NICOLAS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le paysage vision de la tragédie humaine supplément Pélerin N° 6818 du 1er août 2013

Caspar David Friedrich (Greifswald 1774 - Dresde 1840) Alte nationalgalerie Berlin.

Le Moine au bord de la mer, 1808-1809, huile sur toile , 110 x 171,5 CM

le-moine-au-bord-de-la-mer.jpg Un moine minuscule sur une étroite bande de terre, semble être noyé dans cette symphonie tragique d’une nature où le ciel et la mer dessinent un destin insondable. Il contemple les palpitations de ce monde.Devant cette tempête, il nous invite à nous interroger sur nos propres naufrages.Le peintre a réduit le tableau à ce ciel immense et ténébreux qui occupe toute la surface, où il n’y a plus aucune distinction entre le ciel et la terre, plongés en des abîmes sans fin. Le tragique du paysage, cette angoisse qui s’en dégage, semblent  hurler face à un ciel au silence obscur. Le moine, tel un point d’interrogation, scrute cette opacité. Friedrich, profondément chrétien, nous fait éprouver un frisson sacré qui nous pousse à chercher le sens au-delà des apparences, des combats de la vie, de nos ténèbres, des gouffres où nous sombrons. Il appelle un autre infini, il dessine une vision intérieure, pour déchirer nos angoisses et pour ouvrir au-delà de la raison, le paysage intérieur de nos espérances. Cette vision est une véritable quête de la lumière, comme l’a voulu le peintre, pour reconnaître au sein de la nature la présence de Dieu caché. P. Jean-Marc NICOLAS

 

 

 

 

 

La création comme parole de Dieu supplément Pélerin N° 6816 du 18 juillet 2013

Ciovanni Bellini  Venise 1427/30-1516 Tempera sur bois 124,4 x 141,9 CM.

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Saint François à les bras ouverts, les yeux levés au ciel, en une tension qui semble l’arracher à son propre corps, dans  sa robe de bure où les couleurs brunes de la terre se mêlent au paysage qui se déploie et nous ouvre un horizon qui  semble être la ville d’Assise ; mais, bien plus encore, il établit une communion qui magnifie la création au cœur de la contemplation. Il s’offre à Dieu en ce promontoir rocheux où le peintre met en image le Cantique des créatures, où la lumière du soleil baigne toutes choses, la nature comme les tres, où le souffle divin fait vibrer l’arbre  inondant le regard du povellero. Les prémices des stigmates semblent s’annoncer au ceour de cette création qui révèle la présence de Dieu. François, au sein de la nature, accueille le don de Dieu et, par son intelligence, sa prière qui est tout amour, il peut lire la Création comme une parole de Dieu, un verbe créé qui reflète Le Verbe éternel. Devant la beauté ineffable de sa présence, nous pouvons nous ouvrir à la grandeur infinie de Dieu « Frère de Dame Nature », François nous donne une vision Christique de la Création :  "Elle est vision sacramentelle du Créé et salut du monde… " P. Jean-Marc NICOLAS 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La lumière au cœur de la nuit…supplèment Pélerin N° 6817 25 juillet 2013

Adam Elsheimer (Francfort 1578 Rome 1610) La fuite en Egypte huile sur cuivre 31x41 Cm


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Elsheimer peint la fuite en Egypte en 1609, à Rome, l’année même où Kepler publie son Astronomia nova sur le mouvement des planètes, et où Galilée observe avec son nouveau télescope que le voie lactée est formée d’un ensemble d’étoiles isolées. Le ciel en cette nuit étoilée est représenté avec un soin scientifique, mais bien plus, ce paysage nocturne manifeste la Révélation. Trois sources lumineuses le composent : le feu du campement des bergers à l’orée de la forêt, la torche dans la main de Joseph et la pleine lune qui se reflète à la surface de l’eau. La lune dit le reflet d’un autre astre qui se lève en nos nuits « Le verbe était la lumière véritable qui éclaire tous les hommes » (Jean 1,9). La sainte famille s’avance au cœur de la nuit, sous la Voie lactée appelée également la constellation du bâton de Jacob; Marie, Couronnée d’étoiles ; tient l’enfant blotti dans ses bras. Ce bébé C’est le Christ qui rayonne en nos nuits, mystère de l’incarnation Où les lumières des hommes et des astres annoncent celle du Verbe, Promesse d’éternité qui continue d’illuminer les fuites de nos vies en chemins d’Espérance. P. Jean-Marc NICOLAS

 

 

 

 

 

 

 

Le Christ au cœur de notre réalité Konrad Witz (vers 1400-1444-1445

La pèche miraculeuse Genève, Musée d’art et d’histoire

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Nous ne sommes pas au bord du lac de Tibériade mais sur les rives du lac Léman :le paysage panoramique est identifiable et bien réel, avec le Salève Qui domine Genève. La scène est ainsi contemporaine à la création de l’œuvre. Le tableau associe l’apparition du Christ sur le lac deTibériade (Jean,21, 1-11) avec l’épisode de la pèche miraculeuse (Luc,5,1-11) Qu’on reconnaît au filet lourdement chargé hissé à bord de la barque. Sur la droite nous voyons la rive sud du lac de Genève, peinte avec une minutie topographique. Au premier plan le Christ à la surface des eaux,revêtu du manteau rouge de sa Passion et de sa Résurrection, traverse le lac avec une telle hauteur de gloire que son auréole semble amarrée « sur l’autre rive ». La peinture représente ainsi Saint Pierre dans sa barque mais aussi dans l’eau. C’est le Christ qui établit le lien entre les deux scènes : il devient le Passeur de la mort à la vie… Insérer le ressuscité au cœur d’un paysage de notre réalité fait de lui, le créateur de l’Univers pour sauver Pierre, l’arrachant aux « déluges » de ses doutes et lui tendant la main Pour le conduire au sœur de la foi… P. Jean-Marc Nicolas

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Paysage intérieur GUO XI (Chine 1020-1090) Naissance du printemps

Musée National du Palais Taipei (Taiwan)  

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 En Chine le paysage « eaux et montagnes » shanshui- qui traduit le mot paysage peint »-, va bien au-delà d’une simple description formelle des apparences. Tout le sensoriel et tout le charnel de l’univers vivant se manifeste en une vision du monde. Sans cesse en quête du sens de ce monde, la peinture est un véritable travail de l’esprit. Elle ne se dissocie pas de la poésie et de la calligraphie, l’art majeur en Chine :c’est une « écriture » de l’espace qui révèle l’harmonie. La densité de la montagne, les cascades des rivières, l’ondulation du paysage et cette « profondeur » de l’espace, la végétation, les personnes et les habitations à peine perceptibles nous font découvrir le chemin d’une ascension intérieure entre Terre et Ciel, au cœur d’un univers démesuré. Ainsi, avec un simple pinceau, l’artiste-poète donne substance au vide suprême. Lao Tseu, fondateur du Taoïsme a formulé cette organisation du monde comme « une création en marche » : le Tao, c’est « la voie », dont la nature est une métaphore. En ce paysage mu par le souffle de l’infini, nous pouvons entrevoir la beauté qui donne sens  à notre « paysage intérieur » et dans la contemplation, vivre à cœur battant avec lui…P.Jean-Marc Nicolas

 

 

 

 

 

Sainte Claire pleurant la dépouille de saint françois à San Damiano

Giotto (1267-1337), vers 1288

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Le cycle de Giotto ne s’arrête pas avec la mort de saint François. Il se poursuit jusqu’à sa canonisation par le pape Grégoire IX en 1228, quatre ans après sa mort, et une soixantaine l’années avant les fresques d’Assise. Giotto représente ici l’étape que le cortège funèbre de François fit devant San Damiano, devenu le couvent de sainte Claire et de ses sœurs. Comme les biographes de saint François, Giotto empreinte deux motifs à l’iconographie du Christ : Le premier est celui de la déploration dela Vierge Marie sur le Christ mort  descendu de la croix. Giottoemploie la même Composition, la même proximité des deux  visages de Claire et de François. Giotto en peignant une foule qui tient en mains des Cierges et des rameaux, et même un personnage montant dans un arbre, se réfère également à l’entrée de Jésus dans Jérusalem, l’entrée royale fêtée aux Rameaux. Ainsi en cette fresque se mêlent l’émotion, la tristesse, et la conviction que dans cette ultime traversée de la ville d’Assise qui l’a vu naître, François partage déjà la gloire des saints, la gloire du Christ auquel il a voulu se conformer toute sa vie. Venceslas Deblock supplément Pèlerin N° 6813-27 juin 2013

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le miracle de la crèche de Greccio Fresque de la Basilique supérieure d'Assise

Giotto (1267-1337) vers 1288

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Noël 1223 : à Greccio, dans les Apennins, François imagine la première crèche vivante, au cours de la messe de la nuit. L’âne et le bœuf peints en tout petit en bas de la fresque le rappellent. Cette œuvre nous fait entrer dans une église d’Italie à l’époque de Saint François. Pour preuves : le jubé qui sépare ici hommes et femmes, l’ambon de la parole au sommet du jubé, le grand crucifix qui ressemble à celui de san Damiano…et aussi des détails plein de vie : la petite fiche sur le côté du pupitre, les frères chantant à pleine voix… Mais regardons surtout ce qui se passe à droite : François, en Dalmatique de diacre, s’abaisse vers un enfant qui dit-on, s’éveille alors, comme si sa présence se réveillait dans le cœur des fidèles présents. Autour de lui tous s’inclinent. Le corps de l’enfant, lui, est peint en montée. Il est orienté vers l’autel, sous le ciborium, grand dais eucharistique typique en Italie. De la mangeoire à l’autel, il s’agit du même corps christique : corps enfantin et corps eucharistique. En ce Noël 1223, à Greccio, le ciborium exalte l’Eucharistie comme l’enfant de la crèche. Venceslas Delbock supplément Pèlerin N°6812 20 juin 2013 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La prédication  de Saint François aux oiseaux

Fresque Basilique Supérieure d'Assise Giotto (1267-1337), vers 1288.

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"Sur le chemin de Bevagna, le bienheureux François prêcha à de nombreux oiseaux, à la grande joie de ceux-ci : ils levaient la tête, battaient de l'aile, ouvraient le bec et effleuraient la tunique du saint tandis que ses compagnons l'attendaient." L'une des fresques les plus connues par sa qualité intrinsèque comme par son sujet. C'est principalement sur elle que l'on s'est fondé pour établir le raport entre Giotto et l'esprit franciscain. Les oiseaux achevés à sec sont très abimés.  Nous avons quitté l’espace de la ville, aucune intervention humaine ne vient troubler ce vaste espace de terre et de ciel. Saint François et frère Léon sont en pleine nature, entourés d’arbres et accompagnés seulement d’oiseaux, sagement ordonnés comme des élèves attentifs. Les biographes de Saint François soulignent sa proximité avec toute la création, et combien, même les oiseaux étaient réceptifs à sa parole aimante. Pieds nus François parle de tout son être, se penchant, les mains, comme pour bénir et semer la parole de l’Evangile à l’égal de graines. Giotto souligne la fécondité de cette intégration de François au cœur même de la création : c’est au pied d’un arbre luxuriant que les oiseaux se sont assemblés. Quant à Léon, le livre qu’il tient serré nopar Frus rappelle que le sujet de cette fresque est bien la parole donnée par François à toutes les créatures. Son autre main souligne sa surprise. Léon est dans l’ombre de son maître, et l’arbre plus jeune qui lesurplombe laisse penser que sa fécondité, à la suite de François estappelée encore à se déployer. Venceslas Delbock Supplément Pélerin N° 6810 6 juin 2013

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le renoncement aux biens terrestres Fresque de la Basilique supérieure d’Assise, Giotto (1267-1337), vers 1288

giotto.jpgDans cette fresque qui suit celle du crucifix de san Damiano, Nous retrouvons les architectures caractéristiques de Giotto. Elles servent ici à délimiter l’espace de deux groupes. Leur séparation nette est ainsi soulignée : la réconciliation, voire la conciliation est impossible. D’une part, une foule assez nombreuse retient un homme vêtu d’or jaune, le bras chargé de vêtements. En face, un groupe plus restreint, évêque en tête cache la nudité de françois qui tend les bras vers le ciel.François rend publique et définitive sa vocation à la pauvreté, à la suite du Christ, renonçant devant tous, et devant son père, aux biens terrestres. Le père retient les vêtements superflus, tandis qu’en face de lui, les vêtements sont partagés pour offrir le minimum à son fils qui se dépouille librement. Celui-ci tend les mains non pas vers son père terrestre, mais vers le père céleste, dont la main surgit des nuées pour ratifierle choix de François. En effet cette radicale pauvreté est ici grâce divine. Et l’église, à la suit de François, ne peut être quetoute entière du côté de ce choix. La Pape François nous lerappelle sans cesse. Venceslas Deblock   Supplément Pèlerin n° 6808 23 mai 2013

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Saint François en prière devant le crucifix de San Damiano basilique supérieure d'Assise, Giotto (1267-1337),C 1288

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« Va, François, répare ma maison qui croule ! » Giotto est reconnu parmi les maîtres qui font renaîtreLa peinture occidentale au XIIIe siècle, en raison Notamment de sa maîtrise de la profondeur ici, Giotto met en scène la conversation mystique entre Le jeune François et le crucifix de san Damiano, devant lequel il reçut cet appel pressant du Christ : « Va François, répare ma maison qui croule ! ». Giotto Parvient à rendre la profondeur en jouant de la chapelle Comme d’une boîte dessinée en perspective. En jouant Sur les pleins, murs, tuiles, et les vides, charpente à nu murs éventrés, Giotto rend sa méthode particulièrement efficace, et fait participer le décor à la scène représentée. En effet à l’exception de la chapelle, aucun autre élément que les deux protagonistes ne vient troubler la scène. Nous assistons à un face-à-face, un cœur-à-cœur. François, sur un fond sombre, dans la travée en bon état semble plus enfermé. Quand au crucifix dressé au-dessus de la table d’autel, il est dans un espace libre, placé devant une abside couronnée d’une voûte céleste étoilée. Car telle est la rencontre, ici peinte : celle de celui qui est la liberté avec un François encore enfermé par ses biens et ses projets. Venceslas Delbock

Supplément Pèlerin n° 6807 16 mai 2013 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Bleu Stabat Mater , Michel Ciry, Eglise de Varengeville-sur-Mer Huile sur toile 100 x 73 Fin X Xsiècle

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Stabat mater lacrimosa…Michel Ciry s’est souvent inspiré de cette hymne médiévale qui évoque la douleur de Marie près de Jésus, crucifié ; Marie debout, digne présente jusqu’au bout. Ici Elle embrasse la croix de son fils. Sa tendresse confrontée au bois Inerte fait d’elle le symbole de tous nos deuils, de toutes nos Etreintes de froids cercueils. Là où le texte de l’hymne décrit la Vierge en pleurs, ce tableau la représente les yeux fermés, le Visage calme. Comme au-delà des larmes et des mots. Sa douleur intériorisée n’en parait que plus intense. Marie communie à la mort de son fils. En même temps, ses traits respirent l’amour, l’abandon à la fidélité divine reconnue malgré le supplice. Tout son être est prière, d’ailleurs son geste rappelle aussi celui d’une orante. Mais la couleur bleu de son vêtement est à l’unisson d’un ciel illuminé d’espérance, non pas ténébreux comme souvent dans les images de la crucifixion ; et son visage, qui se détache sur la noirceur du bois, est éclairé d’une lumière surnaturelle déjà annonciatrice de son Assomption. Il demeure étrangement jeune, en décalage avec ses mains de femme mûre. Mort et vie nouvelle, douleur et grâce, tant de choses sont dites par ce tableau de pur silence ! Monique SCHERRER  Supplément Pélerin N°6806- 9 mai 2013

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Détail du Retable d'Issenheim par Mathias Grünewald (1513)

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S tu es le Fils de Dieu, ordonne..." (Lc 4,3.) L'image du Crucifié nous rappelle le dessein divin qui est tout autre: Jésus vient chez les hommes porter leur péché. Grünewald a peint ici un Christ portant les symptômes du feu de Saint Antoine: déformations arthrosiques et marques sur la peau. Ce mal mortel était soigné dans l'hôpital qui lui commandal'oeuvre. Ainsi, chaque malade pouvait contempler en Jésus celui qui ne fuit pas notre mal mais le porte avec nous. Venceslas Deblock. Pélerin n° 6794 14 février 2013

 

Christ en Salvador miundi Peinture sur bois, de Joos Van Cleve, XVIe siècle, musée du Louvre.

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 Jésus qui est du ciel Ils virent la gloire de Jésus (Lc 9,32) Cet homme, malmené par le démon, qui finira sur une croix, qui est-il ? L'artiste nous évèle: cet homme est Dieu, le fond or l'indique. Homme et Dieu. Vêtu et paré comme un roi, tenant la sphère parfaite dans laquelle se reflète un paysage, Jésus est ici roi du monde. L'impassibilité de son visage, son geste de bénédiction nous invitent à ne pas le craindre:il vient sauver le monde. Comme au jour de la transfiguration, où Pierre, Jacques et Jean, saisis de frayeur, virent la gloire divine de leur maître, nous sommes invités à ne pas craindre le Christ: il règne sur le mondepour le sauver et Pâques est le porche inaugural de son règne. Venceslas Deblock. Pélerin n° 6795 21 février 2013

 

Le buisson ardent dePaul Koli, batik (étoffe indonésienne), 1984.

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S'inspirant dess motifs boudhiques, Paul Koli traduit sur dce batik l'expérience de Moïse au buisson ardent. La Bible se fait l'écho de nombreux signes divins: la nuée, qui abolit ici tout effet d'espace; le feu, qui irradie le centre de l'oeuvre. Au coeur du feu les impressions de brindilles esquissent un visage, et plus précisément un regard:" Jai vu la misère de mon peuple" entendit Moïse ( Ex 3,7).  Mais Dieu ne fait pas que voir: Il agit. L'empreinte de ses mains le manifeste: elles portent déjà la promesse des stigmates de la croix. Pour que Dieu agisse, Moïse dut entendre et avancer, quitter ses sandales et s'exposer de tout son être pour découvrir un Dieu prêt à sortir de lui-même pour aller à la rencontre de son peuple et les sauver. Venceslas Deblock. Pélerin n° 6796 28 février 2013

Le fils prodiguede Michel Ciry, 1967.

 

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Dieu qui pardonne " Son Père  fut saisi de pitié" (Lc 15,20) Préférant mettre en valeur la poitrine du père, l'artiste n'a pas peint son visage. On devine juste qu'il est en pleine lumière, cette même lumière qui effleure les doigts du fils. Sa main palpe; son oreille, pressée contre le corps paternel, écoute. Le fils s'assure qu'il est bien arrivé après de celui qui lui a donné la vie et qui la lui rend. La forte main paternelle caresse cette tête aimée qui lui a tant manqué. Tout ici est tendresse et intériorité. Pourtant, la joue creuse et les cheveux ras du fils nous rappellent son errance douloureuse. C'est la leçon de la parabole: Jésus nous apprend que nul n'est jamais trop loin du Père pour oser l'aventure du pardon, aventure toute intérieure, où l'on peut sentir et entendre battre le coeur de Dieu. Venceslas Deblock. Pélerin n° 6797 7 mars 2013 

La femme adultère de Giambattista Tiepolo, 1753 musée des Beaux-Arts de Marseille

 

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Jésus qui relève

" Va et désormais ne pèche plus" (Jn 8,11) Nous voici sous les colonnades du temple de Jérusalem avec cette foule qui amène et maltrète une femme. Tiepolo renforce l'effet de mâle violence par la présence de soldats armés de piques. Enserrée par ces hommes, la femme est piégée. La dignité que Jésus lui rend et le chemin qu'il lui ouvre sont subtilement uggérés.Lui s'est abaissé, genou à terre, comme bientôt sur le chemin de la croix. Il s'est abaissé pour la relever, et elle se dresse, droite et digne, nimbée de lumière alors que le Christ plonge dans l'ombre. En cette femme, c'est toute l'humanité qui est sauvée de l'humiliation du péché.  Derrière le Christ, un cile d'été ouvre l'espace: en s'offrant pour le pardon des péchés, Jésus offre un chemin et nous rend la force de nous relever pour marcher. Venceslas Deblock. Pélerin n° 6798 14 mars 2013

 

 

L'entrée du Christ à Jérusalem de Philippe de ChampaignLe, 1628. Eglise du Val-de-Grâce, Paris

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Jésus , roi de joie.  " Béni soit notre Roi, au nom du Seigneur !" (Luc 19,38) La foule se presse, cahrgée de palmes, jetant ses manteaux devant celui qu'elle acclame. Jésus s'avance, humble aux pieds nus et roi drapé de pourpre. Son geste de bénédiction est solennel. Pourtant, tous les visages ne sont pas joyeux: il y a de la curiosité, des murmures, de la crainte.En entrant dans la sainte semaine, nous le savons: le manteau royal sera bientôt celui de la dérision et du sang. Et la foule poussera des cris violents. Mais ce dimanche, prenons force da,s l'accueil joyeux de Jésus, avant de l'accompagner dans sa Passion. Soyons comme les enfants qui courent à la rencontre de leur roi sans arrière-pensée... Le Royaume est à ceux qui leur ressemblent. Venceslas Deblock. Pélerin n° 6799  21 mars 2013

 

  

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